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Sous-titres lisibles : découpage, timing et lecture sur mobile

Un sous-titre lisible se lit d’un coup d’œil, sans mettre la vidéo en pause. Pour y arriver, je vérifie trois choses : le découpage par unités de sens, le timing calé sur la voix et la lisibilité sur un vrai téléphone.

MoBenCréateur vidéo freelance

8 min de lecture

Main qui tient un smartphone avec une vidéo verticale sous-titrée sur deux lignes, devant un ordinateur portable ouvert sur un logiciel de montage avec la liste des sous-titres, dans une pièce sombre éclairée en rouge
Sommaire
  1. Pourquoi des sous-titres obligent-ils à mettre pause ?
  2. Comment découper un sous-titre par unités de sens ?
  3. Combien de temps un sous-titre doit-il rester à l’écran ?
  4. Comment vérifier la lisibilité sur un téléphone ?
  5. Checklist avant de publier
  6. Les erreurs que je corrige le plus souvent
  7. Questions fréquentes

Des sous-titres lisibles se lisent d’un coup d’œil, au rythme de la voix, sans que personne n’ait besoin de mettre pause. Pour y arriver, je contrôle trois choses sur chaque vidéo : le découpage (chaque sous-titre porte une idée complète), le timing (le texte arrive avec la parole et reste assez longtemps) et la lisibilité sur téléphone (taille, contraste, rien de caché par l’interface).

Ajouter des sous-titres, ce n’est pas générer un texte, choisir une animation et passer à autre chose. Si le spectateur doit revenir en arrière pour comprendre, le sous-titre a raté son travail. Pour choisir une méthode (automatique, incrustée ou fichier SRT) et régler le style, j’ai écrit un guide à part sur les sous-titres pour Reels, TikTok et Shorts. Ici, je parle uniquement de ce qui rend un sous-titre facile à lire.

Pourquoi des sous-titres obligent-ils à mettre pause ?

Trois causes reviennent presque toujours. Le texte est coupé au mauvais endroit, et le cerveau doit attendre la ligne suivante pour comprendre. Il passe trop vite, ou arrive après la voix. Ou il est trop petit, peu contrasté, ou caché par les boutons de l’application. Chaque cause demande un contrôle différent, je les prends dans l’ordre.

Comment découper un sous-titre par unités de sens ?

Un sous-titre regroupe les mots qui forment ensemble un même sens. On ne coupe pas une phrase au hasard juste pour garder une ligne courte. Le guide de sous-titrage de la BBC demande de couper aux pauses naturelles de la phrase, de préférence entre deux propositions.

« Les phrases doivent être découpées aux pauses naturelles de la langue, pour que chaque sous-titre forme une unité linguistique cohérente. » BBC, Subtitle Guidelines (traduit de l’anglais)

Concrètement, les guides de la BBC et de Netflix listent les mots qu’il ne faut pas séparer d’une ligne à l’autre :

  • un déterminant et son nom (« ce | micro ») ;
  • un nom et son adjectif, un prénom et un nom ;
  • un pronom et son verbe (« je | conseille »), un auxiliaire et son participe (« ont | été ») ;
  • un verbe et sa négation (« conseille | pas »).

Les règles générales de Netflix le disent noir sur blanc : on coupe après une ponctuation, avant une conjonction ou avant une préposition, et on ne sépare jamais un verbe de sa négation. Quand plusieurs coupures sont possibles, le guide Netflix pour le français préfère une deuxième ligne plus longue que la première, sans laisser un ou deux mots seuls en haut.

Deux téléphones comparent le même sous-titre : à gauche, la négation a disparu, la ligne est mal coupée et posée sur la légende ; à droite, deux lignes coupées selon le sens, dans la zone libre de l’écran
Même phrase, deux rendus. À gauche, il manque « ne… pas » et le texte est mal placé. À droite, chaque ligne garde son sens.

Sur un écran vertical, combien de caractères par ligne ?

Netflix fixe 42 caractères par ligne et 2 lignes au plus, mais pour un écran horizontal. Pour la vidéo verticale, la BBC donne un repère plus utile : la ligne peut occuper 90 % de la largeur d’une vidéo 9:16, soit environ 25 caractères, et elle accepte jusqu’à 3 lignes si rien d’important n’est caché. En pratique, je reste à deux lignes courtes : au-delà, le texte mange l’image.

Noms, chiffres, négations : les mots qui inversent le sens

Certains mots ne pardonnent pas. Un nom propre mal transcrit, un chiffre faux ou une négation qui saute, et la phrase dit le contraire. En darija, si « ماشي » disparaît, « ماشي مزيان » (pas bien) devient « مزيان » (bien). La transcription automatique rate souvent ces mots, surtout quand on parle vite, qu’on mélange les langues ou que la musique est forte. Je les relis un par un, en écoutant la phrase, avant toute mise en forme.

Combien de temps un sous-titre doit-il rester à l’écran ?

Le sous-titre doit apparaître quand la personne commence à parler et rester assez longtemps pour être lu à vitesse normale. Voici les repères publiés par Netflix :

  • Entrée : sur la première image où la voix commence, à 1 ou 2 images près (guide de timing Netflix).
  • Sortie : idéalement au moins une demi-seconde après la fin de la phrase.
  • Durée : de 5/6 de seconde (20 images à 24 images par seconde) à 7 secondes par sous-titre.
  • Écart entre deux sous-titres : 2 images au minimum. Un trou de 3 à 11 images se referme à 2 images, pour éviter un clignotement.
  • Vitesse de lecture : 17 caractères par seconde au plus en français pour un public adulte, 20 en anglais et en arabe.

La BBC raisonne en mots : 160 à 180 mots par minute, soit environ 0,33 seconde par mot. Elle demande aussi que le sous-titre n’arrive jamais plus de 2 secondes après les mots prononcés, et conseille de laisser plus de temps pour les nombres longs et les mots peu connus.

Schéma de timing : deux phrases parlées, une version de sous-titres en retard et trop rapide à plus de 35 caractères par seconde, et une version calée sur la voix à moins de 17 caractères par seconde
Le même texte, deux timings. Au-dessus de 17 caractères par seconde en français, le spectateur décroche ou met pause.

Le test de lecture que je fais toujours

Je regarde la vidéo une fois en entier, son coupé, à vitesse normale, sans toucher à l’écran. Si je dois revenir en arrière une seule fois pour lire, le sous-titre est trop long, trop rapide ou mal coupé. Je raccourcis la phrase, je la découpe autrement ou je prolonge l’affichage dans le silence qui suit.

Les logiciels aident à faire ce contrôle. Dans DaVinci Resolve, la liste des sous-titres affiche pour chaque ligne le nombre de caractères et la vitesse en caractères par seconde (CPS), comme le montre la page officielle de l’onglet Edit. Dans Premiere Pro, la fenêtre de création des sous-titres permet de régler la longueur des lignes, la durée de chaque sous-titre, l’écart entre deux sous-titres et le passage à une ou deux lignes (aide Adobe).

Interface de DaVinci Resolve : vidéo sous-titrée en deux langues et liste des sous-titres avec horodatage, nombre de caractères et colonne CPS
Dans DaVinci Resolve, la colonne CPS repère les sous-titres trop rapides. Capture : Blackmagic Design

Comment vérifier la lisibilité sur un téléphone ?

Je ne valide jamais des sous-titres sur l’écran de montage. Je les exporte et je les regarde sur un vrai téléphone, tenu à la main, avec l’interface de l’application par-dessus. Je me pose trois questions :

  • La taille : est-ce que je lis sans plisser les yeux, le téléphone tenu à hauteur habituelle ?
  • Le contraste : le texte reste-t-il net sur le plan le plus clair de la vidéo ? Le critère WCAG 1.4.3 demande au moins 4,5:1 pour un texte courant et 3:1 pour un grand texte. Sur une image qui bouge, un contour, une ombre ou un fond semi-opaque tiennent ce contraste. La BBC, elle, utilise du texte blanc sur fond noir dans la plupart des cas.
  • La place : la légende, le nom du compte ou les boutons de droite cachent-ils une partie du texte ? Les zones à éviter sont détaillées dans le guide sur la safe zone des Reels, TikTok et Shorts.

Je regarde aussi ce qu’il y a derrière le texte. Un sous-titre posé sur une bouche, un produit ou un prix gêne autant qu’un sous-titre illisible. Quand un élément important occupe le bas de l’image, je remonte le texte pour ce passage.

Modifier les sous-titres dans Premiere Pro
Vidéo : Adobe Video. Couleur, police et position des sous-titres.
Personnaliser les sous-titres dans DaVinci Resolve
Vidéo : Blackmagic Design. Police et position, enregistrées en préréglage.

Checklist avant de publier

  1. Chaque sous-titre forme une idée complète, sans coupure entre déterminant et nom, verbe et négation, prénom et nom.
  2. Noms propres, marques, chiffres et négations relus à l’écoute.
  3. Deux lignes courtes au plus, environ 25 caractères par ligne en vertical.
  4. Le texte entre avec la voix et reste environ une demi-seconde après.
  5. Vitesse sous 17 caractères par seconde en français (20 en anglais et en arabe).
  6. Vidéo lue en entier sur téléphone, son coupé, sans mettre pause une seule fois.
  7. Rien n’est caché par la légende, le nom du compte ou les boutons.

Les erreurs que je corrige le plus souvent

  • Publier la transcription automatique telle quelle, sans réécouter.
  • Couper toutes les lignes au même nombre de mots, quel que soit le sens.
  • Afficher un mot à la fois sur une phrase longue : le spectateur ne voit jamais la phrase entière.
  • Animer chaque mot au point que lire devient plus difficile que d’écouter.
  • Coller les sous-titres tout en bas de l’écran, sous la légende de l’application.

Questions fréquentes

Combien de mots par sous-titre sur un Reel ?

Il n’y a pas de nombre fixe : c’est le sens qui décide. Comme repère, la BBC compte environ 25 caractères par ligne en vidéo verticale, et je reste à deux lignes. Si la phrase ne tient pas, je la répartis sur deux sous-titres, coupés entre deux propositions.

Les sous-titres mot à mot sont-ils plus lisibles ?

Ils attirent l’œil sur une accroche ou une phrase courte. Sur un propos long, ils fatiguent vite, car le spectateur ne voit jamais la phrase complète. Je les réserve aux moments forts et je garde des phrases entières pour l’explication.

Faut-il sous-titrer mot pour mot ?

La BBC note que les spectateurs préfèrent des sous-titres fidèles à ce qui est dit. Je garde donc les mots de la personne, j’enlève seulement les hésitations et les répétitions qui n’apportent rien, et je ne touche jamais aux noms, aux chiffres ni aux négations.

Quelle vitesse de lecture viser ?

Les repères Netflix sont de 17 caractères par seconde en français et de 20 en anglais et en arabe, pour un public adulte. Sur un Reel regardé en faisant défiler, je vise plutôt en dessous. Le vrai test reste la lecture sur téléphone, à vitesse normale.

Un sous-titre n’est pas une décoration qui bouge : il doit porter la parole. Des sous-titres qui se lisent du premier coup font partie de mon travail en création de Reels et contenus courts et en montage et post-production. Si vos vidéos en ont besoin, parlez-moi de votre projet.

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Portrait de MoBen, vidéaste et monteur vidéo, auteur du blog MoBen Prod

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MoBen

Je suis MoBen, vidéaste et monteur freelance au Maroc, derrière MoBen Prod. Je partage ici mes méthodes et retours d’expérience sur la production vidéo, le montage, le storytelling et la création de contenu.

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